De retour après presque deux mois de pause... Deux mois passés à la machine
à laver du boulot. Dans ma branche (jeux vidéo), on peut avoir des sessions de
production durant lesquelles on ne voit plus le soleil. C'est ce qui m'est
arrivé ces deux derniers mois.
Deux mois à gérer des tombereaux de merde, à décharger des carrioles de fumier,
à s’aplatir d'un coté, gueuler de l'autre, à prendre sur sois, à essayer
d'anticiper ce qui sera mal compris... Ça use.
L'analogie de la machine à laver est assez vraie dans le sens ou j'en sors
lessivé. J'ai essayé de me remettre à écrire dès que j'ai pu, mais j'avais tout
perdu. Plus la même imagination, plus de vocabulaire, plus d'idées... j'enfile
les mots comme des perles. Je me rabats sur des phrases toutes faites et
passes-partout que j'arrive d’habitude à proscrire... Bref, la machine à créer
est grippée.
Il va falloir travailler cela, déjà avec un peu de repos. Reprendre la
lecture, reprendre les ateliers d'écriture, et écrire, écrire écrire, beaucoup.
Et bien aussi. Ça commence ce soir.
J'ai déjà quelques postes en préparation. Vous devriez me revoir assez
rapidement.
mercredi 30 janvier 2013
mardi 27 novembre 2012
This is the end
Le point final, enfin. Un an de taf de manière plus ou moins assidue derrière le clavier. Mais je n'arrive pas à bosser autrement. J'ai besoin de laisser les histoires mijoter, à feu doux, dans un coin de ma tête.
Il m'est arrivé de partir de chez moi pour mon atelier d'écriture, et de mettre en place à la phrase près ce que j'allais écrire pendant l'heure et demie qui allait suivre. Je n'avais pas posé une fois les doigts sur le clavier de mon ordinateur dédié à l'écriture, mais la partie que j'allais écrire ne m'avait pas quitté de la semaine. Pendant que je faisais la vaisselle, pendant la douche, et finalement sous la fine pluie qui m'accompagnait sur le trajet.
Le rapport avec l'eau dans le processus de création est assez présent chez moi. Je l'ai remarqué depuis un bon moment. C'est en contact avec de l'eau, d'un courant, que les meilleures idées me sont venues. Va comprendre Charles. On a tous nos modes de fonctionnement. J'imagine qu'en se fixant sur un courant régulier les petits ressorts et les petites clavettes qu'on a dans le crâne se mettent en place comme il faut.
Tout ça pour dire que j'en ai terminé avec ma nouvelle de science-fiction, mon Space opera Rock dont le titre de travail est toujours Supernaut. Il est en relecture pour les derniers arrangements qui j'espère ne seront pas trop drastiques. Je vais pouvoir enclencher la phase de teasing.
C'est compliqué de trouver des gens pour vous donner un avis sur vos textes. Des gens suffisamment proches ou éloigné de vous pour mettre le doigt où ça fait mal, et qui ont l’expérience nécessaire pour vous dire des choses que vous ne savez pas déjà sur votre texte, ou qui voient clair dans vos petits arrangements avec le style.
D'une manière générale, c'est étrange de faire lire ses textes. On veut un avis, et quand on l'a on n'est jamais content. J'imagine que c'est surtout vrai au début. À la longue on sait gérer cette phase de relecture. Mes premiers textes, il fallait que je les fasse lire à tous le monde. Et derrière je me retrouvais avec des commentaires sympathiques et polis dont je ne savais trop que faire. Je savais que ce que j'écrivais n'était pas extraordinaire (en tout cas pas tout le temps), mais je ne savais en quoi, je ne savais pas ce qu'il manquait pour que ça soit bon. Qu'est-ce qu'il a de plus que moi ce Stephen King !
À la longue on prend du recul, on relit des vieux textes, qu'on a pris le temps d'oublier. Et la y'a deux écoles.
La première : whow ! qu'est-ce que c'est que cette merde ! J'ai commis ce truc ! et en plus je l'ai fait lire ?! Et je me suis fâché avec des potes pour ce machin !!!
La seconde : Mmmm pas mal du tout. Dis donc, t'as du style mon cochon.Graou graou.
Donc voilà dans quelques années quand je me replongerai sur Supernaut, je me dirai soit l'un soit l'autre.
En attendant je dois passer à autre. Chose. Bye bye sci-fi, hello horreur.
*
mardi 13 novembre 2012
Interview Rock du capitaine Nox - Première partie
Je vérifie pour la troisième fois le niveau de la batterie de mon enregistreur... Il ne s’agirait pas qu'il me lâche maintenant... Il tarde à s'allumer, je tape dessus du plat de la main en étouffant un juron. Saleté de techno. C'est bon pour la batterie. Stylo ok. Mes questions... Bordel mes questions où j'ai fourré mes questions... Dans mon carnet, forcément, avec mes notes. Ouf.
Je passe la porte du Black Dog, ou le capitaine m'attend à une table près du billard. L'intensité des lumières ne cesse de varier comme partout dans le vaisseau, plongeant le bar dans une ambiance de fin du monde, finalement pas si éloignée de la réalité. Je me racle la gorge... J'y vais, mais j'ai peur...
- Bonjour capitaine, merci de m'accorder le temps de cette interview. Je sais que vous êtes débordés en ce moment.
- Tu te fous de ma gueule ? (le regard qu'il me jette en rendu encore plus menaçant par les cernes qui le soutiennent)
- Euh je... Non c'était pour être poli... Et les lecteurs ne sont peut-être pas tous au courant de la situation du Supernaut.
- Et ben on les emmerde.
- Euh si vous voulez... Je couperai cette partie. Donc, hum hum. Bonjour capitaine Nox. L'heure est grave, le Supernaut est en perdition, et malgré cela vous trouvez le temps de vous plier au jeu de l'interview. Les lecteurs de Rock & Space Magazine apprécieront, j'en suis sur, ce geste. Un mot peut être pour nos lecteurs ?
- J'ai le respect le profond pour les lecteurs de R&SMag. Sans nos fans, nous ne serions rien de plus qu'un gigantesque vaisseau explorateur, tordant l'espace pour mettre le nez là où certains ne mettraient pas le pied.
- Ah ah, comme c'est bien dit.
- C'est de moi.
- Donc si je peux résumer votre état civil rapidement, vous êtes le Capitaine Ezechiel Nox, seul maître à bord du Supernaut... (il me coupe)
- Après les dieux du rock, oui.
- On vous surnomme Zekke...
- Prononce ce nom encore une seule fois et je te fais bouffer par le cul cette bouteille de Jack Daniels !
- Je suis désolé, j'avais lu sur mes fiches que... (il m'interromp, se rassoie et repose la bouteille de Jack Daniel au milieu de la table)
- C'était il y a longtemps. On ne m'appelle plus comme cela.
- Eu, ok... Donc vous êtes célibataire, diplômé de physique musicologique, sortis lead de votre promotion à l'école militaire de Nashville, et débutez votre carrière comme second à bord du Crystal Ship...
- Ouai, j'aurai pas pu tomber plus mal... Putain de hippies. J'ai tenu 5 ans à écouter cette mélasse. Je carburais au speed pour tenir, tu peux pas imaginer ce que c'est. Dès qu'un poste s'est libéré sur le Supernaut, j’ai pas hésité.
- Vous avez servi sous les ordres du capitaine Gregory Loomis pendant 10 ans...
- Un putain d'enculé de première si tu veux mon avis. Mais le Supernaut est un putain de vaisseau de première lui aussi, alors ça aurait pu être le diable aux commandes, ça aurait quand même valu le coup.
- Vous lui succédez ensuite lorsqu'il est mis en retraite anticipée suite à une succession d'actes d'insubordination et même de mutinerie à l'égard de l'état-major...
- Loomis gênait en haut lieux, c'était une décision purement politique. De temps en temps les huiles de Nashville éprouvent le besoin de nous rappeler que c'est eux les patrons...
- Oui enfin un capitaine qui se mutine, ce n’est pas banal... (il me coupe)
- La situation était compliquée. C'est tombé sur Loomis ce coup-ci, ça aurait pu tomber sur un autre.
- Comme, par exemple, sur Steevy Ray Nash, capitaine du Travelling Band ?
- Continue comme ça petit, tu me ferais presque bander.
L'ambiance se détend un peu, ouf, l'interview peut se poursuivre...
* * *
To be continued
mercredi 31 octobre 2012
Zombie Walk
Le week-end dernier, au lieu d'écrire pendant le
court laps de temps que nous laisse ma fille durant sa sieste, je suis parti en
immersion pour Hastag Menu.
Afin d'allier deux éléments importants du texte (les
attentats cannibales et les hipsters) je suis allé lomographier la zombie walk
de Montpellier. Pour faire encore plus hipster, j'ai exhumé un disque-man sur
lequel j'ai passé le meilleur double album de tous les temps (des années 90):
Autant le dire toute de suite je ne me suis pas
fait de moustaches. Et je n'avais pas non plus de t-shirt avec un crâne de cerf
de propre.
Résultat des opérations:
J'ai rejoint une foule joyeuse et nombreuse en dépit du froid qui sévissait. Certains et certaines devaient vraiment en chier avec
leurs couches de tissus plus que légères... Le point de départ était situé à
Antigone. 900 participants grimés selon les organisateurs, dont une petite
minorité de "survivants" super motivés.
La horde s'est mise en branle au signal du
président "Beast Rabbat" de l'association Terra Ludis. Suivant les
rails du tram jusqu'à la gare. Certains des passagers n'ont pas dû s'en
remettre. Deux heures durant elle a semé la terreur dans le centre-ville pour
terminer place de l'Europe.
J'ai passé un très bon moment avec mes écouteurs
rivés sur les oreilles au milieu de zombies parfois plus vrais que nature.
L'impression de voir en vrai des scènes classiques de film de zombies, comme ce
photographe qui avait cru bon de monter sur un abribus... et qui s'est retrouvé
avec à ses pieds une horde geignarde, surmontée d'une forêt de mains avides et
tendues. Mention spéciale aux attaques de tram et de voitures qui ont bien fait
grincer les dents des passagers.
Pour ce qui est de l'écriture, j'avais besoin de
voir une marche de zombies en vrai. En appréhender les volumes et les contours.
En avoir des images mentales pour pouvoir m'y référer. Voir comment c'est
organisé, quelle en est l'ambiance. Là dessus je suis assez content. Plein
d'idées me sont venues.
Par contre pour les photos on repassera. Péloche coincée
au bout de 20 minutes. Choix de photo hasardeux et en tout et pour tout 4 photos
pas trop floues... Saloperie de Lo-fi...
*
*
*****
*
Si vous voulez des vraies photos de la
zombie walk de Montpellier pour en apprécier les maquillages, c'est ici :
Pour savoir ce qu'est un Lomo, c'est là :
Vu les machins, je n'ai pas pris la peine de les photoshoper.
dimanche 28 octobre 2012
Commençons par le commencement
La raison d'être de ce blog, est un concours
d'écriture auquel j'ai participé, lancé par les éditions Walrus sur le
site We Love Words et dont le thème était le suivant:
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Description du concours
Vous êtes invité à un buffet organisé par un artiste dans une galerie branchée. En arrivant, vous vous étonnez de ne voir aucune œuvre exposée. Seul un buffet trône au milieu de la pièce. Particulièrement riche, il rencontre un grand succès auprès de la faune présente. On mange, on boit, on rit, on conceptualise l’absence d’œuvre, on se réjouit de faire partie des happy few….
Vous êtes invité à un buffet organisé par un artiste dans une galerie branchée. En arrivant, vous vous étonnez de ne voir aucune œuvre exposée. Seul un buffet trône au milieu de la pièce. Particulièrement riche, il rencontre un grand succès auprès de la faune présente. On mange, on boit, on rit, on conceptualise l’absence d’œuvre, on se réjouit de faire partie des happy few….
Jusqu’à ce tout, déraille salement…
Les mets et boissons ont été empoisonnés par
la drogue des cannibales, 7ème ciel.
L’œuvre, la performance dont les invités sont
les acteurs malgré eux, peut commencer …
Racontez-nous le début de ce festin cru, présentez
en nous les protagonistes les plus intéressants, posez les indices du
développement de cette séquence cannibale…
Contraintes
1. Genre : roman
1. Genre : roman
2. Volume : 6 000 signes max. (espaces
compris) le début du livre
3. Le texte doit être écrit en langue
française et être une création originale.
4. Une seule contribution par participant sera
acceptée.
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Début de roman, mouai, compliqué. L'intitulé me plaît
bien, mais de là à écrire un roman... En ce moment je travaille sur un autre
projet et j'ai besoin d'en venir à bout. De fait je ne me vois pas me lancer
dans un autre texte long. Je me connais, chasser deux lièvres à la fois, pour
moi c'est un et demi de trop.
Je me lance donc dans la rédaction d'un texte
court, ciselé pour entrer dans le cadre très précis de l'appel à textes, à
l’exception de la partie sur "ceci est le début d'un roman". Le
texte, est sans prétention stylistique, mais brutal. J'y mets ma détestation
des hipsters, mon enfance (heureuse) à la ferme et une bonne dose de violence
froide... le genre de froid qui trimbale cette odeur de charogne qui vous
titille les narines lorsque vous passez devant l'épaisse porte entrouverte de
la chambre froide d'une boucherie... Le texte est écrit rapidement. En deux
jours c'est plié, deux jours de plus pour le digérer et le relire.
Quelques mois plus tard, j’apprends par un e-mail
que j'ai failli ne pas lire, que j'ai remporté le concours et que Walrus va
publier mon texte.
Donc là dans ma tête il se passe à peu près
ça :
Ils veulent la suite de l'histoire, juste
100.000 signes pour début 2013... Wait, what !?
100.000 signes c'est à peu près la taille de
l'autre texte sur lequel je bosse, et ça va faire un an que je suis dessus. Et
quand je me suis lancé dedans, j'avais l'histoire, l'univers, les personnages
et la fin.
Là j'ai 6000 signes qui s'enchaînent relativement
bien, pas d'histoire, une vague idée de la scène de fin... et on est en octobre
2012.
Je leur réponds donc, qu’y'a pas de soucis, no
problemo. Ça fait dix ans que j'écris pour ma pomme, que je réponds à des
appels à textes, et que je me prends des vestes. Donc autant dire que je celui-là
je vais pas le lâcher comme cela.
* * * * *
* * * *
La page du concours, contenant toutes
les contributions est là :
Les textes primés sont Hastag Menu (le mien) et Sous vide par George Rodeo. Lisez-les
ainsi que les autres.
Le site des éditions Walrus est ici
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